dimanche, 5 septembre 2010|

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Leïla la star de la télé française

« Pourquoi j’aime le chant et la musique ? C’est à cause de ma maman ! Deux jours avant que je vienne au monde, elle a fait la fête toute la nuit. » 18 ans et dix mois plus tard, soit ce mardi soir, Leïla est en finale de La Nouvelle star, l’émission de télé-crochet de M6. « Je n’en reviens toujours pas ! C’est ma meilleure copine qui m’avait inscrite aux sélections, à Rennes, en novembre. »

Une candidate parmi 25 000 autres. Puis parmi 150. « Je me disais, alors, que je ne franchirais pas l’étape suivante. Que j’avais déjà eu beaucoup de chance. » À son grand étonnement, elle décroche le sésame pour se qualifier pour les « primes », les émissions en direct du pavillon Baltard, célèbre salle de Nogent-sur-Marne, près de Paris, où Michel Drucker animait Stars 90, il y a près de vingt ans. « Une surprise énorme ! » s’exclame-t-elle. « Sa personnalité a autant plu que sa façon de chanter », analyse Marithé, sa mère, enseignante en arts plastiques au collège Saint-Vincent à Rennes.

Leïla se retrouve alors sous les feux de la rampe. « Elle a beaucoup mûri, mais je continue à avoir peur pour elle... », poursuit sa mère. La jeune chanteuse ne retournera pas à la fac d’histoire de Rennes 2 où elle est inscrite en deuxième année. « Vu les mouvements de grève qui ont secoué la fac, je n’ai pas loupé grand-chose », se console-t-elle.

La voilà désormais isolée, dans un hôtel à Paris, avec les quinze autres candidats sélectionnés. Avec pour seul réconfort son téléphone portable, qu’elle ne quitte jamais. « Je lui envoie des sms à dose homéopathique : matin, midi et soir », sourit sa maman. « Dès qu’on peut, on s’appelle », expliquent ses copines.

Leïla, que M6 oblige à taire le nom de famille, par contrat, le temps du télé-crochet, garde la tête froide. « Je ne suis pas une fille consensuelle et je n’ai jamais été attirée par les paillettes ou le show-biz. » Cela se ressent dans les chansons, des grands classiques, que la production lui propose. On ytrouve parfois l’influence de son père, Youssef, d’origine marocaine. Un homme discret, qui s’occupe d’enfants en difficulté. La deuxième enfant de cette fratrie à trois a grandi au son du biniou et des drambaké du soleil. « Une double culture dont je suis particulièrement fière », confie Leïla.

Elle sait aussi qu’elle « n’a pas le physique de la bimbo qui fait craquer tout le monde. » Un peu complexée. Ainsi, lorsque Marité, sa maman, la voit perchée sur des talons de 8 cm, elle a du mal à la reconnaître. « La production m’y oblige. Ça me met vraiment mal à l’aise », confie l’intéressée.

À l’unanimité, c’est sa voix qui ne laisse pas indifférente. « Elle avait déjà une très belle voix lorsqu’elle était en maternelle, se souvient Françoise Lanoé, son ancienne institutrice. À l’école, elle ne se mettait jamais en avant, c’était elle qui allait consoler tout le monde... »

Plus tard, à l’adolescence, elle crée un groupe avec ses amies. Elle a une prédilection pour le jazz et les grandes voix françaises. C’est d’ailleurs dans ce registre que sa mère la préfère. « J’ai eu des frissons lorsqu’elle a chanté du Barbara... »

Le chant et la musique ne sont pas ses seules passions. « J’aime le théâtre, l’écriture, la cuisine, la politique et le syndicalisme. » Elle milite, mais ne veut pas en dire plus... La jeune fille au grand coeur rêve de travailler dans l’humanitaire. « Ou d’ouvrir une pâtisserie ! »

Comment se décrit-elle, d’ailleurs ? « Comme une fille que l’on ne peut pas mettre dans une case ! » Voilà peut-être la clé de son succès. « Elle reste naturelle », résume la patronne du bar de Bourgbarré qui la connaissait « comme ça, mais sans plus. »

À son retour dans sa commune, 3 000 habitants au sud de Rennes, il y a quelques semaines, elle a déjà été accueillie en star. Mini-concert et plus d’un millier d’autographes signés. « Je suis très touchée ! », ne cessait-elle de répéter. « Elle porte sur ses épaules la culture bretonne ! Nous sommes très fiers de son parcours », racontait alors Marcel. C’est d’ailleurs son humilité qu’André, un voisin, préfère. « Elle ne se la pète pas ! Je l’aime bien cette petite », explique-t-il, sans se faire prier.

Alors ce soir, Leïla va, pour la dernière fois, se produire à Baltard. « Peu importe si je gagne ou pas. Cette expérience m’a permis de me dépasser et de m’affirmer. C’était, de toute façon, génial. »

Aurélie TACHOT et Samuel NOHRA.

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  • 2 000 personnes s’étaient réunies hier soir devant l’écran géant installé à Bourgbarré pour soutenir Leïla, l’enfant du pays. : Joël Le Gall La jeune Leïla, en finale hier soir de la Nouvelle Star, se sera battue jusqu’au bout. Mais c’est son concurrent Soan qui a remporté les faveurs du public.

    20 h 40

    Début du prime en direct du pavillon Baltard, près de Paris. La jeune Leïla, en finale du télé-crochet de M6 La Nouvelle Star, retrouve Yoann, Mélissa, Lary, Thomas, Camélia Jordana et Dalé, les anciens candidats de l’émission. Ils ouvrent ensemble la soirée en reprenant le célèbre tube YMCA des Village People. Dans le public, les fans de Leïla sont présents, banderoles à la main. Marité, sa mère, et Nabil, son frère, arborent tous deux un T-shirt à l’effigie de la jeune chanteuse.

    20 h 55

    Premier solo pour Leïla, 18 ans. Le début est difficile pour la jeune chanteuse originaire de Bourgbarré qui interprète le titre aux inspirations soul Crazy de Gnarls Barkley. Une prestation qui ne remporte pas les faveurs du jury. Philippe Manoeuvre, André Manoukian et Sinclair la sanctionnent en votant un sévère « rouge ». « Il va falloir te reprendre », prévient Philippe Manoeuvre. Tandis que Lio apprécie l’émotion de l’interprétation et lui accorde un vote « bleu ».

    21 h 35

    C’est la deuxième prestation en solo pour Leïla, qui sort son épingle du jeu avec I don’t know de Noa. Une chanson toute en volupté, qui lui va bien. À l’unanimité, elle séduit les membres du jury, qui lui accorde quatre votes « bleu ». Sinclair la remercie « d’avoir pris des risques ».

    22 h 25

    Tandis que ses fans donnent de la voix, Leïla entame, avec grâce dans sa tenue noir et blanc, sa dernière prestation solo : Fais moi une place de Julien Clerc. Un morceau tout en douceur qu’elle réussit à merveille, à en croire le jury qui vote « bleu » à l’unanimité. Philippe Manoeuvre parle même d’une « interprétation bouleversante ».

    22 h 40

    Les votes sont clos. Les proches de Leïla croisent les doigts et ont les yeux rivés sur Virginie Guilhaume, la présentatrice de l’émission, qui détient l’enveloppe dans laquelle figurent les résultats.

    22 h 45

    Les résultats tombent comme un couperet. C’est Soan, son concurrent, qui remporte la finale de la 7e édition de La Nouvelle Star. Dès l’annonce des résultats, Leïla se jette dans les bras de Camélia Jordana, une ancienne candidate mais néanmoins amie. Les yeux rougis de larmes, elle retrouve ensuite sa famille et ses proches.

    Au début de l’émission, Leïla avait annoncé, la tête sur les épaules, que quel que soient les résultats, elle avait vécu « une expérience extraordinaire ».

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