Leïla la star de la télé française
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« Pourquoi j’aime le chant et la musique ? C’est à cause de ma maman ! Deux jours avant que je vienne au monde, elle a fait la fête toute la nuit. » 18 ans et dix mois plus tard, soit ce mardi soir, Leïla est en finale de La Nouvelle star, l’émission de télé-crochet de M6. « Je n’en reviens toujours pas ! C’est ma meilleure copine qui m’avait inscrite aux sélections, à Rennes, en novembre. »
Une candidate parmi 25 000 autres. Puis parmi 150. « Je me disais, alors, que je ne franchirais pas l’étape suivante. Que j’avais déjà eu beaucoup de chance. » À son grand étonnement, elle décroche le sésame pour se qualifier pour les « primes », les émissions en direct du pavillon Baltard, célèbre salle de Nogent-sur-Marne, près de Paris, où Michel Drucker animait Stars 90, il y a près de vingt ans. « Une surprise énorme ! » s’exclame-t-elle. « Sa personnalité a autant plu que sa façon de chanter », analyse Marithé, sa mère, enseignante en arts plastiques au collège Saint-Vincent à Rennes.
Leïla se retrouve alors sous les feux de la rampe. « Elle a beaucoup mûri, mais je continue à avoir peur pour elle... », poursuit sa mère. La jeune chanteuse ne retournera pas à la fac d’histoire de Rennes 2 où elle est inscrite en deuxième année. « Vu les mouvements de grève qui ont secoué la fac, je n’ai pas loupé grand-chose », se console-t-elle.
La voilà désormais isolée, dans un hôtel à Paris, avec les quinze autres candidats sélectionnés. Avec pour seul réconfort son téléphone portable, qu’elle ne quitte jamais. « Je lui envoie des sms à dose homéopathique : matin, midi et soir », sourit sa maman. « Dès qu’on peut, on s’appelle », expliquent ses copines.
Leïla, que M6 oblige à taire le nom de famille, par contrat, le temps du télé-crochet, garde la tête froide. « Je ne suis pas une fille consensuelle et je n’ai jamais été attirée par les paillettes ou le show-biz. » Cela se ressent dans les chansons, des grands classiques, que la production lui propose. On ytrouve parfois l’influence de son père, Youssef, d’origine marocaine. Un homme discret, qui s’occupe d’enfants en difficulté. La deuxième enfant de cette fratrie à trois a grandi au son du biniou et des drambaké du soleil. « Une double culture dont je suis particulièrement fière », confie Leïla.
Elle sait aussi qu’elle « n’a pas le physique de la bimbo qui fait craquer tout le monde. » Un peu complexée. Ainsi, lorsque Marité, sa maman, la voit perchée sur des talons de 8 cm, elle a du mal à la reconnaître. « La production m’y oblige. Ça me met vraiment mal à l’aise », confie l’intéressée.
À l’unanimité, c’est sa voix qui ne laisse pas indifférente. « Elle avait déjà une très belle voix lorsqu’elle était en maternelle, se souvient Françoise Lanoé, son ancienne institutrice. À l’école, elle ne se mettait jamais en avant, c’était elle qui allait consoler tout le monde... »
Plus tard, à l’adolescence, elle crée un groupe avec ses amies. Elle a une prédilection pour le jazz et les grandes voix françaises. C’est d’ailleurs dans ce registre que sa mère la préfère. « J’ai eu des frissons lorsqu’elle a chanté du Barbara... »
Le chant et la musique ne sont pas ses seules passions. « J’aime le théâtre, l’écriture, la cuisine, la politique et le syndicalisme. » Elle milite, mais ne veut pas en dire plus... La jeune fille au grand coeur rêve de travailler dans l’humanitaire. « Ou d’ouvrir une pâtisserie ! »
Comment se décrit-elle, d’ailleurs ? « Comme une fille que l’on ne peut pas mettre dans une case ! » Voilà peut-être la clé de son succès. « Elle reste naturelle », résume la patronne du bar de Bourgbarré qui la connaissait « comme ça, mais sans plus. »
À son retour dans sa commune, 3 000 habitants au sud de Rennes, il y a quelques semaines, elle a déjà été accueillie en star. Mini-concert et plus d’un millier d’autographes signés. « Je suis très touchée ! », ne cessait-elle de répéter. « Elle porte sur ses épaules la culture bretonne ! Nous sommes très fiers de son parcours », racontait alors Marcel. C’est d’ailleurs son humilité qu’André, un voisin, préfère. « Elle ne se la pète pas ! Je l’aime bien cette petite », explique-t-il, sans se faire prier.
Alors ce soir, Leïla va, pour la dernière fois, se produire à Baltard. « Peu importe si je gagne ou pas. Cette expérience m’a permis de me dépasser et de m’affirmer. C’était, de toute façon, génial. »
Aurélie TACHOT et Samuel NOHRA.
